Le coeur d’une mère

Hassan aimait tendrement sa mère et passionnément Leïla, sa femme.
Mais Leïla n’aimait pas la mère d’Hassan, dont elle était terriblement jalouse.
Sans cesse, elle torturait son mari avec ses exigences :
- Si tu m’aimais vraiment, tu ne tolèrerais pas qu’une autre femme me dicte sa loi sous notre toit.
Et Hassan chassa sa mère de leur maison.
- Si tu m’aimais vraiment, tu n’irais plus voir cette femme qui médit de moi en secret.
Et malgré sa peine, Hassan ne rendit plus visite a à sa mère.
Mais la jalousie de Leïla était sans bornes.
Un jour, elle exigea d’Hassan la plus cruelle des épreuves :
- Si tu m’aimais vraiment, tu irais tuer cette femme qui me torture jour et nuit et tu me rapporterais son coeur.
Hassan prit son couteau. Il alla voir sa mère et il lui arracha le coeur.
Mais tandis qu’il rapportait en pleurant son trophée à sa bien-aimée, il trébucha sur un caillou du chemin, et le coeur tomba sur le sol.
Alors, du morceau de chair sali par la poussière, sortit une petite voix qui lui demanda
- Hassan, mon fils, tu ne t’es pas fait mal au moins ?
Hassan prit conscience de la gravité de son erreur, c’est alors qu’il retourna le couteau vers son propre cœur pour se donner la mort.
- Hassan, mon fils, tu m’as déjà arraché le cœur une première fois, ne le fais pas une seconde fois, je ne le supporterais pas.

Michel Piquemal dans “Les philo-fables” chez Albin Michel

Vous avez peut-être ri jaune …

Alors, quelques pistes de réflexion, pour ceux qui aiment dépasser les apparences :

Ce conte semble critiquer l’attitude des belles-filles …
  Pourtant les mères ont aussi leurs défauts, non !

 Quel espace de liberté pour chacun ?

Et jusqu’où peut aller la bonté et la mansuétude ?

Rose mouillée

Bonne fête à toutes les mamans imparfaites !

A celles qui sont heureuses et à celles qui souffrent.