Certainement en premier, le bonheur de creuser sa terre intérieure, pour faire germer et éclore toute sorte de graines d’enfance et de poésie. Elle suit pour cela un fil qui la conduit, tout en lui laissant une belle liberté. C’est tout simplement celui du bonheur de vivre éprouvé au fond de soi. Bonheur de vivre, bonheur de découvrir, d’être en relation avec les autres et le monde alentour. C’est une quête, un chemin, des tâtonnements, des maladresses certainement, mais une aventure de toute façon. Et qui lui plaît beaucoup !

Durant ces trois mois, elle a redécouvert principalement le printemps, ses fleurs, ses couleurs, ses odeurs … Les arbres, les oiseaux et les petites bêtes … Comme si tout était neuf ! Alors, elle a eu envie de se mettre à la photo, pour aiguiser son regard, aller parfois au-delà des mots, découvrir d’autres façons de voir et de s’exprimer. Dans ce domaine là, comme dans celui de l’informatique, elle tâtonne et y passe beaucoup de temps, trop de temps, diraient certains … ( Mais elle ne fait pas ou peu de shopping, regarde rarement la télé et ne lit jamais son horoscope !). En même temps, elle sait que pour elle, l'écriture, la quête de sens, l'emportent sur le visuel, donc elle ne cherche pas à se comparer à ceux qui réalisent des blogs beaucoup plus "artistiques".

À travers tous les blogs qu’elle a visités, elle a découvert des univers très différents, des styles d’écriture, épurés, poétiques, légers, touchants, humoristiques ou même « coups de gueule » … Elle a trouvé de la générosité, de l’ouverture et de la chaleur dans les liens qui se sont tissés sur la blogosphère. Oui, c’est encourageant et l’incite à continuer.

Pour autant, tout n’est pas simple et merveilleux, comme par enchantement.

D’abord, il y a le temps perçu différemment. D’un côté, trois mois lui paraissent pleins de richesses comme six, mais d’un autre, là où elle pense passer une demi-heure, une heure, elle en passe deux ou trois, quand elle ne s’arrache pas les cheveux avec son gestionnaire de média qui lui fait des farces. Et comme elle est un peu tatillonne et finalement « mordue », « la soupe au caillou » devient parfois "la soupe à la grimace". (Allez donc voir la recette, elle en vaut la peine !...). Elle devient alors tendue, irritable et pas à prendre avec des pincettes. « Il n’y a pas mort d’homme, si tu ne publies pas aujourd’hui » lui dit Chéchet, mais là, elle ne veut pas l’entendre … Elle préfère se coucher très tard, quitte à sentir la fatigue l’envahir. Et le lendemain, elle va se lever tôt, parce que les idées, les mots sont venus la chatouiller durant la nuit. La fatigue s’accumule. Elle n’arrive pas à dire « Stop ! », parce que les recherches sur l’écran la fascinent et qu’elle adore cliquer sur un nouveau blog pour en découvrir la saveur qu’elle pense à ce moment-là irremplaçable.
Elle devient naturellement dépendante, mais trouve plein d’excuses pour se justifier. C’est tellement délicieux et grisant d’aller lire les commentaires des autres internautes, qui, parce qu’ils sont loin, arrivent à créer une sorte de communauté virtuelle, où tout le monde est bon et gentil. Parfois, elle réalise que les commentaires ne sont pas si importants qu’elle se met à le croire. Qu’elle ne doit plus les guetter fébrilement, mais seulement les accueillir comme des cadeaux, des enrichissements de son regard, à certains moments de la journée.

Avec Chéchet, elle aime parler des personnes avec qui elle a des liens par blog interposé. Cela devient un peu comme des amis, et comme les relations sont soutenues, ils prennent presque, parfois, la place des rencontres véritables.


"Attention, pense souvent Lily, il ne faudrait pas que ce blog me fasse entrer dans une bulle où j’oublierais le monde réel qui m’entoure".



Voilà, c'est dit !... Avec un peu de regret pour cet aveu, mais avec lucidité. Il y a des limites, une ligne de partage des eaux à trouver. Ah ! La passion quand tu nous tiens !...

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