Regarder en arrière
Trois mois qu’elle vient régulièrement alimenter la marmite de « La soupe au caillou ».
D’abord c’est la surprise de constater que le temps, depuis ce fameux dimanche 8 février, s’est distendu, élargi, a pris de l’épaisseur et de la densité. Il lui semble que ses premiers billets sont tellement loin et qu’il s’est passé tellement d’événements depuis ! Alors finalement, qu’est-ce qui reste ?
Certainement en premier, le bonheur de creuser sa terre intérieure, pour faire germer et éclore toute sorte de graines d’enfance et de poésie. Elle suit pour cela un fil qui la conduit, tout en lui laissant une belle liberté. C’est tout simplement celui du bonheur de vivre éprouvé au fond de soi. Bonheur de vivre, bonheur de découvrir, d’être en relation avec les autres et le monde alentour. C’est une quête, un chemin, des tâtonnements, des maladresses certainement, mais une aventure de toute façon. Et qui lui plaît beaucoup !
Durant ces trois mois, elle a redécouvert principalement le printemps, ses fleurs, ses couleurs, ses odeurs … Les arbres, les oiseaux et les petites bêtes … Comme si tout était neuf ! Alors, elle a eu envie de se mettre à la photo, pour aiguiser son regard, aller parfois au-delà des mots, découvrir d’autres façons de voir et de s’exprimer. Dans ce domaine là, comme dans celui de l’informatique, elle tâtonne et y passe beaucoup de temps, trop de temps, diraient certains … ( Mais elle ne fait pas ou peu de shopping, regarde rarement la télé et ne lit jamais son horoscope !). En même temps, elle sait que pour elle, l'écriture, la quête de sens, l'emportent sur le visuel, donc elle ne cherche pas à se comparer à ceux qui réalisent des blogs beaucoup plus "artistiques".
Pour autant, tout n’est pas simple et merveilleux, comme par enchantement.
D’abord, il y a le temps perçu différemment. D’un côté, trois mois lui paraissent pleins de richesses comme six, mais d’un autre, là où elle pense passer une demi-heure, une heure, elle en passe deux ou trois, quand elle ne s’arrache pas les cheveux avec son gestionnaire de média qui lui fait des farces. Et comme elle est un peu tatillonne et finalement « mordue »,
« la soupe au caillou » devient parfois "la soupe à la grimace". (Allez donc voir la recette, elle en vaut la peine !...). Elle devient alors tendue, irritable et pas à prendre avec des pincettes. « Il n’y a pas mort d’homme, si tu ne publies pas aujourd’hui » lui dit Chéchet, mais là, elle ne veut pas l’entendre … Elle préfère se coucher très tard, quitte à sentir la fatigue l’envahir. Et le lendemain, elle va se lever tôt, parce que les idées, les mots sont venus la chatouiller durant la nuit. La fatigue s’accumule. Elle n’arrive pas à dire « Stop ! », parce que les recherches sur l’écran la fascinent et qu’elle adore cliquer sur un nouveau blog pour en découvrir la saveur qu’elle pense à ce moment-là irremplaçable.
Elle devient naturellement dépendante, mais trouve plein d’excuses pour se justifier. C’est tellement délicieux et grisant d’aller lire les commentaires des autres internautes, qui, parce qu’ils sont loin, arrivent à créer une sorte de communauté virtuelle, où tout le monde est bon et gentil. Parfois,
elle réalise que les commentaires ne sont pas si importants qu’elle se met à le croire. Qu’elle ne doit plus les guetter fébrilement, mais seulement les accueillir comme des cadeaux, des enrichissements de son regard, à certains moments de la journée.
Avec Chéchet, elle aime parler des personnes avec qui elle a des liens par blog interposé. Cela devient un peu comme des amis, et comme les relations sont soutenues, ils prennent presque, parfois, la place des rencontres véritables.
"Attention, pense souvent Lily, il ne faudrait pas que ce blog me fasse entrer dans une bulle où
j’oublierais le monde réel qui m’entoure".
Voilà, c'est dit !... Avec un peu de regret pour cet aveu, mais avec lucidité. Il y a des limites, une ligne de partage des eaux à trouver. Ah ! La passion quand tu nous tiens !...
Et vous qu'en pensez-vous ?
Les blogueuses, les blogueurs, comment vous vivez cela ?
Commentaires
Sur le net comme dans la vie, si vous vous trouvez des goûts communs avec certaines et certains, que la personne vous "ressent" justement, vous avez envie de rentrer dans un échange régulier, car l'amitié même virtuelle se nourrit d'échanges, elle doit sans cesse se réitérer. Vous avez ménagé une place à votre copinaute et espérez que celle-ci en fera de même.
Je pense que si on est volubile, papillonnante dans la réalité, on l'est sur le net aussi, de même que si on est fidèle, dévouée ,(on ne peut l'être à 50 personnes à la fois) dans la réalité, on l'est sur le net aussi ...
Mais dans tous les cas, bloguer créer une dépendance souvent inavouable ...
Je crois qu'il vaut mieux être dépendant des commentaires réfléchis de 4-5 copinautes que de statistiques florissantes ...
Ma dépendance à tes commentaires, Lily, est saine, je trouve. Tes commentaires ont une consistance particulière née de la connaissance l'une de l'autre, d'une connivence ( même si le net n'est qu'un reflet choisi de toi ... de moi ). Contrairement à des dizaines de " Tout à fait d'accord avec toi ", " Super, j'adore ! " etc ...
Tout ce que tu dis est tellement juste Lily ! on pourrait en discuter des heures et je me retrouve bien dans tes mots, et le pot cassé à côté du weigelia, j'ai les deux mêmes ! rires, mais plus on donne plus on s'enrichit de l'autre, alors comment faire maintenant sans ? Trouver un juste milieu, un point d'équilibre et il se trouve je t'assure, tu y arriveras, il est trop tôt encore peut-être, tu nages en pleine passion ! et la passion ça dure ? ??? allez un an pour certains, jusqu'à trois pour les mieux lotis ! rire, après c'est la tendresse qui s'installe et la vitesse de croisière !!! rire
Ton espace est très personnel et riche, d'une douce poésie, beaucoup de vie, de lumière dans ta façon, j'aime, bonne chance ! ...
Viens-me parler de la liberté si tu veux ;o))) je t'assure, j'ai pas choisi ma transition exprès ...sourire
Je crois que nous nous sommes tous posé cette question un jour ou l'autre. Ne pas devenir dépend du blog, de ses com, ne pas oublier la "vraie vie" ... Comme toi je me suis questionnée sur tout cela ... Puis j'ai laissé aller ... Savourant ces instants partagés avec des inconnus qui deviennent proches ... je me suis mis un cadre, des heures sur l'ordi, des moments qui n'empiètent pas sur ma vie et pour le reste ... Je découvre, je savoure, je rigole, je pleure, je me questionne devant mon écran ... Mais j'ai lâché prise surtout et je me contente de vivre ce moment-là tout en ne sachant pas combien de temps il allait durer ...
Tu fais partie de mes chouettes rencontres ...
Bisous
je pense que nous sommes nombreuses à ressentir les choses comme toi ... prendre le meilleur mais garder son intégrité, son indépendance, s'autoriser à se mettre un peu à l'écart de temps en temps ... choisir ses liens ... ah oui, je voulais te dire aussi, je trouve la présentation de ton blog très réussie, ce petit cahier m'a tout de suite séduite ...
Je pense qu'en effet il doit être facile de se laisser aller à la douce vie des blogs et autres forums.
En ce qui me concerne la vie réelle se rappelle à moi donc dur de s'éterniser devant les couleurs de l'écran de l'ordinateur.
Une chose est certaine, pour pouvoir alimenter en merveilleuses histoires blogs et forum, il faut les vivre, chaque jour observer ce qui nous entoure, les beautés de la nature sans cesse renouvelées, les contacts qu'on peux avoir avec les personnes qui nous entourent.
Sans cela que serait un blog ? Que pourrions-nous écrire dedans ?
Bonne journée.
En ce qui concerne les commentaires, je suis comme toi : je les prends comme ils viennent... Bien sûr, j'attends certains d'entre eux plus que d'autres, car il est vrai, que quelques amitiés virtuelles se créent...
Chose dont j'ai l'habitude, car pour préparer mon concours d'instit' en candidate libre, je m'étais inscrite à un forum où j'ai gardé contact avec quelques personnes que je n'ai jamais réellement vues...
Depuis quelques temps, ne voulant pas être "embullée" par mon blog, j'ai décidé de faire des articles à ma guise, suivant mon humeur...
Il est vrai que le monde des communauté sur internet est merveilleux, mais il ne faut pas oublier la vraie vie...
Quoique à bien y réfléchir, je crois que cette vie virtuelle s'inscrit de plus en plus dans notre vie réelle,... Le tout étant de trouver le bon équilibre comme d'habitude...
Enormmmmmmmmmmmes bizzzzzzzzzzzzzzz
et parfois la réalité traverse l'écran, les rencontres d'abord virtuelles deviennent réelles mais avec une telle longueur d'avance qu'on est immédiatement dans le cercle de l'intime
et puis il n'y a pas de hasard ...
il m'arrive même que la réalité gagne à ce que j'ai cru être de l'amusement sur la blogosphère, tu penses une telle richesse, un puits sans fin de connaissance, d'informations qui s'ensuivent d'interrogations, débats et surtout communication, il faut arriver à trouver un équilibre avec les amis de la blogo et les amis d'ici et d'ailleurs ... la difficulté est là ! parce que le cercle des relations va crescendo rapido