Vous dites :
C’est fatigant de fréquenter les enfants.
Vous avez raison !
Vous ajoutez :
Parce qu’il faut se mettre à leur niveau,
se baisser, s’incliner, se courber, se faire petit.
Là, vous avez tort.
Ce n’est pas cela qui fatigue le plus.
C’est plutôt le fait d’être obligé de s’élever
jusqu’à la hauteur de leurs sentiments, de s’étirer,
de s’allonger, de se hisser sur la pointe des pieds,
pour ne pas les blesser.
Janusz Korczak

Une bien belle citation à méditer. Lily connaissait le récit de l'arrestation de Korczak avec 192 enfants, en août 1942, par la plume de Martin Gray dans "Au nom de tous les miens", puis par le livre "Le pianiste" (de Wladyslaw Szpilman). Gardant toujours sa joie de vivre et son amour des enfants à fleur de cœur, cet homme leur avait annoncé qu'ils étaient invités à une belle fête où il y aurait beaucoup à manger. Leurs plus beaux vêtements, il leur a fait enfiler, après la toilette, et durant les trois kilomètres à pieds pour rejoindre le train de la mort, ils ont tous chanté, joyeux et confiants envers leur bon maitre. Au dernier moment, une autorisation écrite permettait à celui-ci de rentrer, seul, mais il a préféré accompagner ses gosses jusqu'au bout.

Dans "Je lis des histoires vraies" (Fleurus-Presse) d'octobre, Lily a découvert un peu plus l'humour de ce grand homme, grâce au récit de Sophie Chérer :

"Quand l'un d'entre nous ne mange pas assez et s'affaiblit, il (Korczak) fait comme s'il était de la nourriture :
- Mange-moi, par pitié ! Je suis tellement triste dans cette assiette ! je voudrais partir en vacances dans ton estomac !
Quand un autre n'arrive pas à dormir, il lui raconte dix histoires, j'ai bien dit DIX, une par doigt, et, à la fin de chacune, il souffle les doigts comme autant de chandelles. Et ça marche."

À découvrir absolument, vingt ans après la Convention internationale des droits de l'enfant. Il reste encore tant de chemin à parcourir de par le monde …