Printemps-Archimboldo

Sur une période s'étendant sur plus de dix ans, autour de 1560, le peintre Giuseppe Archimboldo, originaire de Milan et appelé à la cour de Prague par l'empereur Ferdinand Ier, dut faire le portrait des divers membres de la famille impériale. C'est dans les saisons et les éléments qu'il puisa son inspiration, les personnifiant et les faisant se regarder deux à deux dans de très célèbres et quasi inoubliables profils. Ainsi le Printemps regarde l'Air, l'Été fixe le Feu, l'Automne et la Terre, unis, se font face, de la même façon que l'Hiver et l'Eau.

Si le premier tableau du Printemps est conservé à Madrid, celui-ci, peint en 1573, est conservé au Louvre.

Werner Kriegskorte, dans "Archimboldo" édité chez Taschen, écrit à son sujet :

"Considéré à distance, le tableau offre au regard le visage d'une femme au doux sourire ; de plus près il révèle une profusion de fleurs, de feuilles et de tiges, minutieusement reproduites d'après la nature, créant l'illusion de la peau, des cheveux et du corsage. La peau est rendue par des fleurs blanches et roses, la chevelure est une couronne de fleurs multicolores et le corsage est constitué de feuilles et de plantes. Le nez est un lys en bouton, une tulipe figure l'oreille et l’œil est représenté par deux merises et leur fleur. Des fleurs blanches ferment le collet qui délimite le visage de l'habit."

Une autre analyse ici. Pour sa part Lily discerne, à la place de l'oreille, une renoncule plutôt qu'une tulipe. Et elle n'est pas sans remarquer le magnifique lys blanc, joyeusement fiché dans la coiffure de la demoiselle. Certainement un symbole que l'on retrouvait sur les blasons de la famille…

Pour les épreuves de dessin du bac, elle se souvient qu'elle avait emporté une pile de revues pour, éventuellement, faire un collage. Et sur quelle consigne est-elle tombée ? Un sujet en plein dans son intuition : "À la façon du peintre Archimboldo, réalisez un portrait." Elle a eu 17 ! (Bon, à côté de ça, une note minable en couture ! Rôhh ! Celle qui est juste au-dessus de la pire ! Heureusement, ça n'enlevait pas de point !)

Dans le ciel se reflète le gris des ardoises - du bassin Angevin de Noyant-la-Gravoyère - et au-dessus des toits, la pluie doucement bruine… Pourtant c'est le printemps ! Le temps que l'on attend le plus longtemps… On a tant de choses à vivre avec lui… À temps ou à contre-temps !