La saison de la chasse au canard était terminée, comme maintenant, début mars. Les jours allaient tout doucement vers le printemps. Mais un homme qui ne savait pas trop bien comment s’occuper le dimanche matin, qu’aimait aussi le bon goût du gibier d’eau et qui, en plus, n’avait grand-chose à s’mettre sous le palais, avait décidé de s’y rendre tout de même.
Au bout d’un couple d’heures à  limacer, pis à nigeasser à travers les chemins et les prés mouillés, il aperçoit enfin, par bonheur, un canard, le vise et le voit tomber, raide mort, dans quelques herbes hautes.

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Tout content de pas être bredouille, il court le chercher, s’assoit à couté d’un étang, le trempe dans l’eau et benaise commence à le plumer, tout chaud. (Bon, mon histoire est un peu bancale, mais elle est d’même !…)

Et plume que j’te plume,
Les plumes volent au vent, Mignonne …
Et plume que j’te plume,
O faisait un p’tit tas devant lui.

Tout à coup, il entend des pas …
Zou ! De peur de se faire arrêter, le garroche le canard dans l’eau. Il le jette, quoi.

Et siffle que j’te siffle,
comme si de rien n’était …

Le garde-chasse se plante à côté de lui et, d’une voix qu’il essaie de rendre un p’tit aimable, le dit :

- Bonjour monsieur !
- B’jour, fait beau à c’teur ! répond le paysan, d’un air détaché.
- Mon brave monsieur, je dois vous arrêter !
- Ah, voila-t-y pas ! Et pourquoi donc ?
- La saison de la chasse au canard est  terminée, depuis maintenant belle lurette !
- Mêêh, je ne chassais pas, Môssieur le garde-champêtre ! Je profitais, juste.
- Ah non ! Vous ne chassiez pas !! Et c’est quoi ce petit tas de plumes à vos pieds ?
- Ça ?!… Olé un canard qu’est parti se baigner et qui, bien aimablement, m’a demandé de garder ses vêtements !

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