Le goût de l'eau
Le poète est souvent celui qui va à la source. La cherche et puis un jour, simplement, l’accueille.
Je suis là où la pluie commence,
Je suis là où la pluie finit.
Je suis la paix et le silence,
La source reflétant la nuit.Extrait de A l’ami Carême, Maurice Carême. Editions Hachette jeunesse, 1993
“J’ai vu la plaine après l’été, attendre ; attendre un peu de pluie. La poussière des routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n’était même plus un désir ; c’était une appréhension. La terre se gerçait de sécheresse comme pour plus d’accueil de l’eau. Les parfums des fleurs de la lande devenaient presque intolérables. Sous le soleil tout se pâmait. Nous allions chaque après-midi nous reposer sous la terrasse abrités un peu de l’extraordinaire éclat du jour. C’était le temps où les arbres à cônes, chargés de pollen, agitent aisément leurs branches pour répandre au loin leur fécondation. Le ciel s’était chargé d’orage et toute la nature attendait. L’instant était d’une solennité trop oppressante car tous les oiseaux s’étaient tus. Il monta de la terre un souffle si brûlant que l’on crut défaillir, et le pollen des conifères sortit comme une fumée d’or des branches. Puis il plut.
J’ai vu le ciel frémir de l’attente de l’aube … J’ai vu l’attente de la nuit …
Nathanaël, que chaque attente, en toi, ne soit même pas un désir — mais simplement une disposition à l’accueil —. Attends tout ce qui vient à toi …”
André Gide, Les Nourritures terrestres.
Commentaires
Oh que j’aime ce chat et cet arrosoir :-)
Maurice Carême !!! Yes !
et Gide que je n’ai jamais lu et je ne sais pas ce que j’attends …
La pluie …
Bon WE Lily ;-)
Bonjour Lily,
« Eau, tu n’as ni goût, ni couleur, ni arôme, on ne peut pas te définir, on te goûte, sans te connaître. Tu n’es pas nécessaire à la vie : tu es la vie. »
Saint-Exupéry, Terre des hommes, 1939, p. 242.
Tu l’as senti ? Tu le fais exprès Lily ?
Tout ce que tu montres là, écris là, les mots de Carême ( à la Pentecôte ) ceux de Gide ( que je bénis ), la photo de ton chat tête dans l’arrosoir quand ma Toss avait il y a trois jours la tête coincée dans le même arrosoir ! tout m’est si familier …
Au coeur des poètes
L’eau
Vive
Accueillie
Comme un souffle
Divin
…
Je t’embrasse chère âme proche …
Astre de la nuit…
Lune je suis devenue…
Souvent de nuages voilée…
Au gré de ma fantaisie..
Déverse l’eau en averse drue…
Ou en douces pluies nourricières..
De ma lumière nue…
Je séduit l’astre soleil…
Par mes caprices et mystères…
Je règne sur vos rêves…
Oh super ces photos!bon week-end
C’ est beau et apaisant de pouvoir étancher sa soif de tout..:-)
Joli Dimanche à toi
comme je suis heureuse de lire ces textes, c’est exactement ainsi que je veux vivre … dans cette attente qui devient simple accueil
Merci pour ce passage de Gide. Je connais très peu cet auteur, je veux dire, ses œuvres, car sa vie est souvent commentée.
Ce passage est très beau.
Bonne semaine. Suzanne-Cécile
Ca donnerait presque envie de faire sa connaissance à ce Gide… Et au chat aussi! :)
J’aime ce poème de Maurice Carême mais… Oh, la, la, la perfection du style de Gide m’éblouira toujours !
Un ciel chargé d’orage
Bientôt il fait tout noir
Miaou !
J’ai tout bu,
je me cache dans l’arrosoir !
Loop
Oh, Comme j’aime ce coin frais et lumineux de jardin, et ce chat s’abreuvant en toute simplicité ! Plus les mots de Gide, dont étonnament, je n’ai encore jamais rien lu…
Que c’est beau ! Tu choisis bien tes textes.Merci pour le partage.
J’ai failli faire une photo identique avec un de mes chats qui est venu s’abreuver dans un arrosoir qui lézardait dans le jardin. Mais le temps d’aller chercher l’APN et il était parti :( Très beau texte de Gide. Je n’ai jamais lu et je ne sais même pas pourquoi ! La couleur de ton géranium est sublime !
la vie est un long fleuve tranquil, encore faut il savoir nager ;-)
a bientôt, amicalement…