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D’ailleurs, illico après le déjeuner, Lily lui a tiré le portrait dans la classe. Heureuse comme une renarde qui aurait trouvé des raisins bien mûrs et à sa portée ! Pourtant, attention, la plante et surtout les graines sont toxiques !

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Vous l’avez deviné, c’est la morelle noire, une solanacée de la famille des tomates, pommes de terres et même aubergines. Est-ce la lumière baignant la classe à ce moment-là, la joie grandissant avec l’âge de faire des découvertes nature ou l’idée d’en faire un article ? Lily a éprouvé un bel d’entrain à faire des recherches, comme elle les aime, dans ses vieux bouquins ou sur Internet.

Il faut dire qu’elle est convaincue qu’il n’y a pas, dans la nature, de “mauvaises herbes” au sens botanique. Ce sont simplement des ” envahissantes”, des plantes qui se développent au gré du vent et d’un peu de folie. Bien sûr, elles donnent quelques suées aux jardiniers avec leurs racines entortillées, solides, longues comme un jour sans rire, sans parler de leur obstination à vivre envers et contre tout. Mais, malgré cela, elles ont leur place dans l’environnement et parfois un intérêt certain.

La morelle noire colonise facilement de nouveaux terrains et son cycle de vie est très court. Un jour ici, demain ailleurs, la belle est instable et volage ! Cette plante, appelée parfois “tue-chien”, faux cassis ou raisin de loup (?), produit dès la fin de l’été des baies vertes virant au noir, contenant de la solanine, une substance très toxique que la cuisson ne détruit pas. Substance qui d’ailleurs se trouve également dans le germe et les parties vertes des pommes de terre (à éliminer), ainsi que dans les tomates de la même couleur, qui ne se consomment guère qu’en confitures.

Les feuilles de la morelle noire sont utilisées en phytothérapie, mais la plante peut aussi être utilisée en compagnonnage avec la pomme de terre, car le doryphore a une nette préférence pour la jolie cousine. Tant pis pour elle, tant mieux pour les amateurs de frites et de purées ! Et pour Lily qui adore les “patates” sous toutes les formes.

Pour finir une anecdote :
Avec un plaisir évident, une lutine avait arraché une tige d’herbe folle aux racines bien visibles. Elle demande : “Maîtresse, je peux la garder pour l’emporter chez moi ?” Lily, surprise, hésite un peu : “Tu crois que tes parents …” Puis devant le regard de la lutine, planté dans ses yeux, elle se ravise : “Comme tu veux !”
Le soir, la lutine montre la plante à sa maman et demande : “Je peux l’emporter à la maison ?” La mère réplique : “Ah, c’est une mauvaise herbe, tu vas pas l’emporter, il y en a plein le jardin !” Puis elle tourne les talons et se dirige vers la sortie. La lutine la suit d’un air décidé. Fièrement, elle tient sa fleur à la main et ne la lâchera pas !