Araignées, libellules et papillons
Hier, en rentrant des courses en voiture, Lily s’est garée un peu près de la haie. Raconter cela, quel intérêt ?!
Et bien juste qu’en sortant son corps du véhicule, elle s’est trouvée nez à nez avec ça !
- Rôhh, l’épeire diadème ! L’araignée des jardins.
- Oui, mais quand même !… Ces bestioles à huit pattes poilues, avec un gros abdomen, plusieurs paires d’yeux et du venin peuvent provoquer de l’arachnophobie, non ? Surtout que ce sont les amies des sorcières, capables chaque matin de passer une heure et plus à tendre des pièges, capables ensuite de rester immobiles, sadiques, à guetter leurs proies. Et quand une malheureuse s’annonce, capable de la ligoter, de l’emmailloter, de l’étouffer, de l’empoisonner, de la liquéfier et de l’absorber, schlups ! comme un petit jus. Et ne parlons pas de ce que la femelle réserve au mâle venu lui conter fleurette sans se présenter ! Liquéfié, absorbé de même ! Avec ses chélicères, ces deux appendices que sur la photo grossie on aperçoit de chaque côté de la tête.
Le premier petit frisson passé, Lily a été ravie d’observer cette mystérieuse dame au si joli nom et à l’abdomen si finement décoré. Épeire diadème, d’où peut bien venir ce nom si poétique ? On l’appelle aussi la “Porte-croix”, ce qui a peut-être influencé sa mauvaise réputation aux yeux de certains, mais d’un point de vue esthétique, quelle distinction par rapport à ses grises cousines que l’on retrouve - et chasse - dans les recoins des maisons !
Abondantes dans les jardins, les épeires sont de précieuses alliées de l’homme. En se nourrissant de mouches, moustiques, taons, et autres indésirables pour nos épidermes sensibles, elles nous protègent de bien des désagréments et maladies ! C’est ainsi que dans les fermes autrefois on prétendait que de nombreuses toiles d’araignées à l’étable portaient bonheur.
En 1973, deux épeires diadème, Anita et Arabella furent envoyées dans l’espace par la Nasa pour tester leurs réactions en apesanteur. Leurs premiers ouvrages de fils dans le Skylab 3 n’étaient vraiment pas folichons, mais après trois jours d’adaptation, et alors que les hommes étaient encore tout chamboulés, ces araignées ont pu tisser de forts jolies toiles, avec la différence que le fil n’était pas uniforme comme si elles avaient voulu elles aussi faire des tests. Étonnant !
Comment ne pas terminer ce billet, avec cette comptine qu’à quatorze ou quinze ans Lily adorait répéter, en remplaçant évidemment “nouveau pape” par “sous-pape” !
Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner.
Araignée ! quel drôle de nom,
pourquoi pas libellule ou papillon ?
Vous n’avez pas bien compris, je recommence […]
Jacques Prévert
Ce même jour, au menu de Lily : des épeires diadèmes au matin et à midi, plusieurs ballets des libellules déprimées, au goûter près de l’étang avec sa petite-fille et, pour finir, une écaille chinée durant la balade de début de soirée. Hum, avec tout ça, elle s’est régalée !
Commentaires
je viens de lire tes deux derniers billets à la suite. Merci pour ce décryptage fin et brillant du grain …
Magnifique ton araignée ; dehors, je les aime toutes. Entre les poutres de ma maison aussi, je ne les chasse ni les détruits, elles sont mes alliées, mais dans ma chambre à coucher, pas de pitié !
Une bien belle journée … à très bientôt Lily.
Lily, je te jure : j’ai publié mon billet d’aujourd’hui sur mon blogue avant de voir le tien ! Mais quand même, on a de la suite dans les idées, non ? Et puisque mes bibittes à moi ne comptent pas parmi elles d’araignées, c’est pas trop grave.
Ceci étant dit : les araignées, j’aime beaucoup ! Parce que, comme tu dis, elles sont nos alliées au jardin (mais aussi dans la maison : car, si elles vivent là, c’est certainement parce qu’elles trouvent quelque chose à se mettre sous la dent [façon de parler] et qui va manger ce qu’elles mangent quand je les aurai chassées ??? Hein???)
Tout ça pour dire que présentement, je les apprécie surtout pour leur chasse aux scarabées japonais qui sont en train de bouffer la moitié de mon jardin (encore une fois, façon de parler, évidemment).
Rien de plus ‘artistique’ qu’une toile d’araignée éclairée de soleil et de rosée le matin !
Joli billet Lily sur ces petites bêtes. Maintenant je les appelle mes ‘petites charlotte’ à cause du film pour enfant. :) Ça me les rends plus sympathiques !
Une rencontre fortuite qui fait resurgir beaucoup de choses ! Une lecture entre autre.
Voici celle de Zéphyr :
“… La grande épeire debout sur sa roue de dentelle argentée… “
(Colette, La Naissance du jour,1928)
Ouais…. Ben malgré tout, les araignées en gros plan j’aime pas trop…..
Des bisous Lily et j’espère que tu passe un bon été :)
très élégante la belle épeire et habile ouvrière
C’est très beau une araignée ! encore plus belle UNE TOILE D’ARAIGNEE, surtout avec des goutelettes de rosée et pourtant, on n’aime pas se trouver face à face.
à bientôt
Je n’aurais pas aimé la rencontrer!!
Pour moi, ce sont des bonheurs du jour !
Quel joli billet ! Et ces informations sur les araignées dans l’espace sont vraiment étonnantes.
Je vis en ville dans un appartement mais au rdc et du coup j’ai des araignées qui tissent leur toile dans les coins, j’ai l’impression qu’elles me tiennent compagnie…
Une belle rencontre car je les aime ces araignées ! Dans mon jardin c’est surtout l’épeire fasciée que je rencontre. Elle est magnifique elle aussi et sa toile est reconnaissable car striée de Z. Intéressant ce voyage dans l’espace où elles réagissent vraiment rapidement. Les araignées sont mes amies et j’évite de les tuer.
Chaque été, mon jardin abrite des “épeires fasciées” connues aussi sous le nom d’argiopes frelon. http://fr.wikipedia.org/wiki/Argiop… Cette année, il y en avait beaucoup. Elles paradent un temps au milieu de leur toile, le mâle n’est pas loin, tout petit dans une toile malhabile.
Puis tout ça disparaît: elles pondent, mettent leurs oeufs à l’abri dans un petit cocon en forme de montgolfière, et meurent.
À l’année prochaine: je laisse toujours quelques broussailles ici ou là pour elles.