Dévoilez-moi l'espoir
Du samedi 09 au dimanche 24 mars 2013, le quinzième Printemps des poètes aura pour thème : “Les voix du poème”.
Magnifique ! Les premiers poèmes n’étaient-ils pas cris d’amOUr sur lit de feuilles mortes, exclamations devant la chevelure du soleil étalée à l’horizon, doux murmures au creux de l’oreille du nourrisson qui taârde à s’endormir (“Si tu n’dors point jusqu’à d’main “*)
“Dès sa naissance, au début des temps humains, la poésie est une parole levée. Qu’il soit murmure, cri ou chant, le poème garde toujours quelque chose de son oralité native. Il est donc peu ou prou une affaire de voix, la voix intérieure du poète répondant aux voix du monde” Jean-Pierre Siméon sur le site “Le Printemps des Poètes”.
Pour ma part, j’adore lire à voix haute les poèmes que je découvre ou que j’aime. Lors de stages, j’ai adoré également que l’on m’en coule dans l’oreille, en fermant les yeux c’était encore meilleur. Hum, cette caresse pour le corps, l’esprit et tout l’être; cette invitation à goûter les mots comme une fête, un appel, un partage !
Pourtant, je crois aussi que chacun peut trouver sa propre voix face aux paroles qui lui viennent d’ailleurs. Lisez par exemple ci-dessous Gérard Le Gouic, laissez vous embarquer par ses mots, son énergie et puis, si le souffle de l’inspiration vous chatouille, enchaînez avec votre propre parole, vos tourments, vos “aurores de tous les instants” …
Dévoilez-moi l’espoir
Dévoilez-moi l’espoir qui vous tourmente,
je vous révèlerai la douleur qui vous ronge,
mais l’espoir est un intime secret
qui brûle comme l’âtre de la mer,
qui lave comme le sel de l’amour
et vous aide à inscrire devant vous
l’étrave de votre vie.
Port de l’île aux moines, juin 2012
L’espoir guide le bâton
du voyant et du pèlerin
il est votre utopie et vos multiples forces,
votre étoile que vous découvrez
dans les cours d’eau et sous les écorces,
l’espoir est votre aurore de tous les instants.
Gérard Le Gouic (Le Printemps des Poètes 2004)**
Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004
* Alexandre Desrousseaux “Le p’tit Quinquin. Ah, Colette Magny !
** Vous pouvez toujours, si ce n’est déjà fait, soutenir cette manifestation “en danger” en vous rendant sur le site “Le Printemps de Poètes” pour en voir les modalités !
Commentaires
très beau poème d’un poète que je connais peu mais cela me donne envie de le découvrir
J’aime la poésie… en toutes saisons… dans un endroit calme… chuchotée à mon cœur… C’est du bonheur ! Bises. brigitte
Très joli poème et c’est vrai que c’est agréable de lire à voix haute ou d’écouter…:)
La poésie, tu la vis, elle parcourt ton corps aussi, tu le dis si bien!
merci pour cette découverte, comme dit Baudelaire “Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais.”
Belle journée, hasta pronto !
Merci pour l’évènement poétique si cher à mon âme aussi !
Je t’offre à mon tour, chère Lily, “un poème à dire “, d’une vieille édition ( Seghers, 1970 ) chère à mon coeur, préfacée par Jean Vilar.
Je choisis de te souffler à l’oreille Les raisons d’Alain Bosquet
“_ Dis-moi pourquoi tu vis
_Pour caresser un doute aussi doux qu’un puma
âgé d’un quart de lune
_ Dis-moi pourquoi tu aimes
_Parce que la brebis est un silex
le silex est un genou de fée
la fée un mot pendu par la nageoire
_Dis-moi pourquoi tu changes
_Mais non je multiplie l’azur
comme un hareng se multiplie entre les vagues
et je divise l’horizon
comme on divise un colibri
entre deux mille enfants aveugles
_Dis-moi pourquoi tu meurs
_Il faut que la serrure et l’alouette
le livre et la cascade
apprennent
à se tromper. “
+
” Je ne sais pas ce que cela veut dire :
aimer la terre, aimer le ciel trompeur,
aimer l’orage, aimer la jeune chair
plus navigable qu’une étoile, aimer.
je ne sais pas ce que cela veut dire :
haïr une gazelle qui grelotte,
haïr comme un sorcier le vieux soleil
qui déshérite l’Equateur, haïr.
Aimer, haïr, ce sont paroles d’homme,
et moi je suis un être élu des dieux :
tournesol au matin, sable à midi
et, vers le soir, une araignée heureuse.”
in Quel royaume oublié.
***
Le poète n’est-il pas celui qui multiplie l’horizon morne et qui voit l’oiseau par le trou de la serrure …Un élu qui ne se trompe pas, or le doute qui lui permet de dire l’identité ?
Merci pour tes billets plein de sens et d’éternel, tandis que “l’ombre d’un grand oiseau me passe sur la face” etc etc … je ne saurais plus m’arrêter de dire …
Ta photo est un tableau d’ un lieu que j’ ai adoré…si plein de poésie
” La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir…”
C’ est Léonard de Vinci qui l’ a dit…comme il a raison
Bisous Lily
J’aime tant la poésie. Elle fait partie de ma vie. J’ai beaucoup aimé le poème que je viens de lire ici. Merci.
Superbe moment de poésie.
Bonjour Lily…
Après le plaisir de lire,en réponse-offrande ce modeste texte…
Avec la joliesse de notre éternelle jeunesse
Nous offrons, un spectacle tout en allégresse…
Passionnement nous entretenons le Rire
Espoir et garant de notre avenir…
Qu’elles soient effacées ces douleurs
Si lourdes à nos petits coeurs…
Comme un trésor, juste garder
Le plaisir et la joie d’exister…
Michèle
Douce journée en ton univers…
Merveilleux poème que je viens de lire à haute-voix ! Il me reste à prendre un crayon et à l’inscrire pour pouvoir le savourer à volonté encore et encore ! Merci pour ces moments de magie que tu sais si bien mettre en oeuvre… J’ai bien besoin en ce moment de ces poses rêveuses et poétiques.
Oui, à la fois utopie et force, c’est tout à fait ça… Un très beau poème, mais je ne lis jamais à voix haute, d’abord parce que le son de ma voix me semble étrange, ensuite parce que j’ai toujours du mal à me concentrer quand j’entends un texte… Je prèfère de loin le lire que l’entendre !! La photo est superbe aussi, la mer me manque :0(