Ouragan
Un blogueur m'indiquait hier en réponse à un commentaire : "On a pu voir dans la presse une photo de canards résistant avec peine aux premiers vents de l'ouragan." J'ai souhaité voir les canards ; ils m'ont conduit aux humains, à leur tragédie, à leur solidarité, à leur force, mais aussi à leur fragilité. Difficile de parler d’événements lointains lorsque l'on n'est pas touché personnellement. Mais ne pas en parler serait pire, certainement !
Bien sûr, vous avez du voir l'effet dévastateur du vent et de l'eau à la télévision, mardi, mais je vous invite tout de même à visionner ce diaporama de Libération, (par un simple clic) qui a retenu toute mon attention. Au-delà des dégâts matériels, colossaux, quel désastre humain ! On se tait et puis on cherche des mots.
"La corbeille de fruits" de Rabindranath Tagore s'est offerte à moi à la page 238. Je l'avais ouverte au hasard, mais cet extrait de "LES RAMEURS" - et particulièrement la voix du capitaine dans la nuit - me dit quelque chose de notre monde, aujourd'hui.
"Ils s'éveillent en sursaut dans une peur soudaine et demandent :
- Camarades, quelle heure a sonné ?
- Quand viendra le jour ?
Les nuages ont effacé toute étoile.
Et qui pourrait reconnaître le doigt de l'aurore faisant signe ?
Ils saisissent leurs rames et s'élancent, désertant les lits; la mère prie, l'épouse guette à la porte;
Il y a un gémissement d'adieu qui monte vers le ciel;
Et il y a la voix du capitaine dans la nuit :
"Venez, mariniers, car le temps de la sécurité a vécu !"
LES RAMEURS (extrait) Rabindranath Tagore
Dans "L'offrande lyrique suivi de La corbeille de fruits", qui me fut offert en 1983. Poésie/Gallimard
Le drapeau du New-Brunswick, touché lui aussi par l'ouragan, alors que je viens juste de refermer le magnifique "Madame Perfecta" de la grande romancière Antonine Maillet, originaire de Bouctouche.
"Même les canards ne font pas les fiers
à l'approche de l'ouragan !"
In Libération
Commentaires
Tiens - après avoir mis mon haïsha du jour en ligne, je viens voir ce qui se passe de ton côté et je constate que nous avons aujourd’hui traité le même sujet sur nos blogues respectifs. Alors que ton billet est empreint de compassion, le mien (je suis un peu honteuse - mais… il faut s’assumer, n’est-ce pas ?) est plutôt de couleur senryû. J’espère que ça ne me fera pas une réputation de sans-cœur !
Je suis toujours étonnée quand un livre ouvert au hasard vient me parler du présent.
Madame Perfecta..Tu as ce livre? Je crois que c’est l’histoire d’une bonne espagnole si je me souviens bien. J’entends encore Antonine Maillet en parler avec vigueur et son bel accent accadien lorsqu’il fût édité.:)
On a peine à s’imaginer : ce doit être effrayant!
Ce reportage saisissant nous laisse apercevoir notre petitesse devant la fureur des éléments…Nous sommes si petit devant l’infiniment grand…
Le texte de Tagore est tellement fort devant de telles images..:-((
Si le temps de la sécurité a vécu , il est grand temps d’ être attentif au langage de la nature…tout au moins pour ce qui dépend de nous..
Belle soirée à toi Lily
Les colères de dame Nature ne seront jamais maîtrisées… malgré tous les progrès technologiques que l’on puisse imaginer !
Bon dimanche.
L’homme doit rester modeste face à la force de la nature… Elle est bien dure parfois.
Je viens d’aller voir le diaporama, c’est impressionnant… et terrible…
petit passage…
je rattrape les messages…
La Nature est là pour rappeler que nous sommes bien petits face à elle ! Effrayantes ces images de désastres !