Je suis un lac
Qui sommes-nous les humains ? Un emboîtement d'atomes doués de réflexion et de paroles. De minuscules fourmis dans l'univers. Des écorchés vifs à qui il manque toujours quelques lambeaux de chair et de peau. Des loups affamés marchant au bord de la meute. Des petits robots programmés et vite obsolètes. Des fonceurs vivants à deux cents à l'heure. De gentils Bisounours dodus et sages. De vieilles malles rouillées et pleines de souvenirs. Tout cela, peu ou prou, certainement !
Mais parfois l'art, le silence, la nature, une phrase ou une rencontre, nous révèlent une autre dimension de nous-mêmes. Cela peut être de l'ordre de la fulgurance ou alors cela s'installe doucement en nous. Seul(e) au petit matin ou bien dans un transport en commun. En laissant travailler ses mains ou en marchant. Lors d'un spectacle ou d'une visite à l’hôpital … Et puis, cette joie ronde et pleine se dissipe et nous laisse à notre quotidien. Quotidien un peu différent. Où plane la trace d'un élan, d'une rencontre amoureuse avec soi-même, d'un vide heureux où l'autre pourra enfin s'installer
Caspar David Friedrich (1774–1840)
"Le voyageur au-dessus d'une mer de nuages" 1818 - Hambourg
Je suis un lac une mer
Un château à construire
Un banquet à préparer
Un voyage à entreprendre
Et le temps devant moi
Pour au fond poser tout celaLily Framboise
01 Mars 2013
Commentaires
Bonjour Lily..
J’aime beaucoup ton poème, court en son exposé mais pourquoi beaucoup de mots pour exprimer une belle philosophie de vie !!!
Douce journée,
Michèle
Comme tes mots là-haut me parlent chère Lily … Je les relis encore pour m’en imprégner, je les ressens …Merci
Je suis un grand vide d’eau et de peur
Un coeur noué plein de sensible
Un chemin vert qui espère
et son enfant sur le chemin …
Démarche intéressante, ce déclencheur d’écriture qui commence par “je suis…”. Ça me donne envie de m’y essayer. Peut-être aurai-je le courage de te faire lire le résultat…
Entre temps : quel bonheur de retrouver sur ton blogue cette peinture de C.D.Friedrich (un peintre que j’aime beaucoup)!
Du fond de la mer, contempler le ciel, s’y noyer.
Être ciel.
D’une rencontre amoureuse, amicale, construire un château.
Que tout cela est beau Lily, merci!
Ton court poème aux mots si denses s’ accorde à merveille avec le tableau de Friderich…
Serait-ce cette fin d’ hiver qui nous rend un brin philosophe..?
En tout cas ce regard sur la vie me plait , ce regard perdu dans l’ infiniment grand m’ incite à la réflexion….
Comme chez Véronica , cela me touche , tant notre monde ne prend pas le temps pour tout cela…
De tout coeur plein de baisers
Ton poème me plaît beaucoup.
C’est donc à toi que s’adressait Lamartine : « Ô lac…» ;-)
Ne rien faire de grave…
Je croyais t’avoir mis un commentaire mais il ne paraît pas, je crois que c’était déjà arrivé… Bon ! ton poème me plaît beaucoup
Comme je comprends ce que tu dis, et… comme j’aime la façon dont tu le dis !
(J’aime beaucoup également la version de Véronica !)
Tu es tout cela et bien plus encore et c’est beau ! Doux week end Lily. brigitte
Très beau texte Lily et ton poème également! :)
Tu es un poète Lily…. tu sais dire les choses que l’on ressent avec une belle émotion.
Merci …
Je suis un étang à demi asséché, boue et glace,
Je suis le cygne fidèle qui revisite mes roseaux,
Je suis carpe muette et riches sédiments,
Je suis barque amarrée qui doucement s’enfonce.
J’espère la pluie tiède qui gonflera de larmes d’émotion mon coeur naïf.
Très beau ces mots alignés de façon poétiques et imagés ! J’aime également le poème de tatydanylyon où je me retrouve dans ce cœur naïf…
Je suis cette page froissée,
où les mots ont du mal à s’inscrire.
Je suis ce papillon aux ailes abîmées
d’avoir trop essayer.
Je suis un électron libre de trop de naïveté,
voguant dans l’univers
à la recherche d’une étoile filante…
Incroyable Lily tu es la seule avec tes écrits à réussir à me lancer, sans complexe et sans prétention. Je suis juste à l’écoute d’un ressenti associé à des mots ! Merci pour cet instant de lâcher-prise…