Aujourd'hui, j'ai repris les cours de gym douce. Plaisir de me faire du bien en prenant mon temps. Joie de réentendre l'importance de l'enracinement du corps dans le sol.

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Aujourd'hui, j'ai repris les cours de gym douce. Plaisir de me faire du bien en prenant mon temps. Joie de réentendre l'importance de l'enracinement du corps dans le sol.
Horloge astronomique, cathédrale de York (R-U)
Photo : Cathie Flore
Un grand poète a disparu, il savait nous parler de la beauté...
Bruyère dans les landes du Yorkshire
La chaise de Van Gogh (1853-1890)
1888, Galerie Nationale de Londres
Un prof d'histoire d'un de mes enfants, au collège, nous confiait lors d'un entretien que pendant ses cours, il prenait toujours un temps de relâche, c'est-à-dire que durant deux ou trois minutes, à la fenêtre, il regardait le ciel, les branches, les oiseaux... Eventuellement les anges qui passent et les chats-volants.
Pour lui et pour ses élèves.
Depuis peu, je me répète cette petite phrase plusieurs fois par jour.
La pluie, le vent, comme ces derniers jours, me dérangent un peu, beaucoup, mais ils m'ouvrent aussi à des sensations nouvelles. Loin de dire que le temps est "pourri", j'ai appris à aimer ces moments où le ciel déborde, où des gouttes me glissent froidement dans la nuque, où il faut courir pour passer entre les fameuses gouttes, où parfois je suis contrainte (et bienheureuse !) de demeurer chez moi.
Ressentir du regret vis-à-vis d'attitudes peu charitables que l'on a eu envers d'autres, qu'ils soient proches ou non, ou encore envers soi-même, est une émotion tout à fait normale montrant que nous ne sommes pas dépourvus d'empathie, isolés sous notre carapace ou pétrifiés par l'insensibilité.
Il arrive cependant que des regrets nous assaillent trop fréquemment et avec une violence durable. On parle alors de culpabilité, c'est-à-dire que l'on a enfreint, ou que l'on pense avoir enfreint, certaines lois morales significatives pour nous, pour notre entourage proche, pour le petit univers dans lequel nous gravitons, pour la société dans laquelle nous vivons. Cette infraction s'imprime dans notre mémoire émotionnelle et bloque le courant naturel de la vie.
Pour voir sa vie s'améliorer, évoluer vers plus de paix, de joie, d'ouverture et de relations fluides, il convient régulièrement de poser des gestes nouveaux qui nous engagent, au moins pour un temps. Ces nouvelles attitudes peuvent correspondre à une nécessité, un désir, une invitation externe ou un heureux hasard. Elles permettent de sortir de l'habitude, du fatalisme, de l'ennui ou de l'enfermement dans lequel les autres nous "rangent" ("celui-ci n'est pas sportif", "celle-là n'agit pas beaucoup avec les autres"...)
Opter pour une activité régulière, personnelle ou collective, culturelle ou manuelle, sportive ou de détente, est un moteur assez puissant pour tendre vers une amélioration significative de son moral, de sa santé et de son quotidien.
Je me réveille, 7h15... j'exprime ma gratitude face à la nuit qui se termine. Peu de temps après, une bouffée de chaleur envahit mon ventre. Je pratique deux ou trois respirations abdominales, désormais convaincue que le malaise va passer. Et, progressivement, je réalise que la situation est redevenue normale dans mon corps.
Je me lève, allume une belle bougie - celle dont la flamme creuse l'intérieur, la rendant lumineuse tel un photophore - et je m'asseois sur le bord du lit, les pieds bien posés sur un petit plaid au sol. La flamme, vivante en face de moi, m'émerveille, mais comme je ne suis pas encore bien éveillée, ma tête bascule vers l'avant et mon dos s'enroule sur lui-même. Je me redresse quelques minutes, avant de m'enrouler à nouveau. Rien de grave... Je profite de la sensation de ma colonne vertébrale pour jouer avec elle. A l'aide de mes épaules, je la fais se dérouler lentement et place ma tête comme un vase précieux au-dessus de ma nuque. Et je sens en moi, comme si une main du plafond me tirait vers elle, une énergie pour m'étirer le plus haut possible. Le haut de mon corps est hyper-bien et je fais durer la posture deux à trois minutes. Mes muscles font la pause et se relachent, pourtant le désir de me dresser à nouveau se fait sentir et, là, je reste plus de cinq minutes aussi droite qu'un grand chêne de la forêt de Bercé. Mes pensées sont claires et lumineuses, je cerne bien les choses importantes de ma vie. Plus tard, après le petit déjeuner, je range mon bol dans le lave-vaisselle et me retournant, je fais à nouveau "l'arbre" avec un réel plaisir. La journée de samedi avec sa petite bruine peut réellement commencer.
Et vous, cela vous arrive de "faire l'arbre", dans le quotidien ? Plusieurs fois par jour ? A l'occasion ? Pas du tout ?
J'ai soixante-six ans, mes quatre enfants sont des adultes et je vais bientôt être mamie pour la troisième fois.
Mifasol et moi sommes à la retraite dans une commune attenant à une ville moyenne où il fait bon vivre, dans l'ouest de la France.
Je suis plutôt hypersensible, aimant la nature, la spiritualité, la culture, la réflexion... mais aussi l'agréable compagnie et le partage.
Face à l'anxiété qui m'envahit souvent, j'ai décidé de ne pas faire l'autruche et de l'explorer de multiples manières, pour rejoindre ma vraie (et belle) personnalité qui se cache encore à proximité, derrière quelques arbres ou sous quelques pierres.
Comme j'aime écrire, j'ai pensé "Un blog, pourquoi pas ?". Tout de suite, ce projet m'a donné de la joie et a réveillé des énergies qui sommeillaient. Car il ne s'agit pas de faire étalage des raisons de mon anxiété, mais d'ouvrir des portes, d'avancer sur des sentiers, connus ou inconnus et de partager mes p'tits bonheurs quotidiens, mes erreurs, mes remises en question et mon goût de la simplicité, du beau, du vivant... Je n'ose écrire du vrai, car chacun(e) a son approche et je souhaite rester modeste avec mon vécu, sans le gonfler, sans le minimiser non plus.
Bien avec vous, qui me lirez... peut-être.
Cathie Flore
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